Il y a quelques années, dans une salle de cours au Ghana, j'étais celui qui ne comprenait pas.
Je suis francophone. Le cours se donnait en anglais, et c'était de l'ingénierie informatique — ma licence. Autour de moi, tout le monde avait l'air de suivre.
Je ne levais pas la main. Demander « c'est quoi, exactement ? », c'était admettre devant toute la salle qu'on était le seul à ne pas savoir. Alors je notais le mot dans un coin, et je passais mes soirées à rattraper ce que j'aurais pu comprendre en une phrase, si quelqu'un avait pris trente secondes pour me le dire autrement.
Puis le Japon, et l'autre côté du problème
Quelques années plus tard, je suis parti au Japon préparer un Master of Engineering, avec un travail de recherche en intelligence artificielle appliquée à la médecine.
Cette fois, l'anglais n'était plus mon problème. Il était celui d'en face.
Mes professeurs pensaient et enseignaient en japonais. L'anglais était leur seconde langue à eux, et nous devions nous retrouver quelque part au milieu. Quand je posais une question, ils connaissaient parfaitement la réponse — mais ils ne trouvaient pas les mots simples pour me la donner. Alors ils basculaient dans un anglais académique, plus technique encore que la question de départ. Je repartais avec une définition correcte que je ne comprenais toujours pas.
C'est là que j'ai compris quelque chose que je n'ai plus jamais oublié :
savoir une chose et savoir l'expliquer sont deux compétences différentes. On peut être brillant dans son domaine et incapable de le rendre clair. Et quand ça arrive, ce n'est pas l'élève qui échoue.
J'ai vécu les deux côtés. Celui de l'étudiant qui n'ose pas dire qu'il est perdu, et celui de l'expert sincère qui ne sait pas simplifier. Depuis, je considère que rendre les choses évidentes est un vrai métier — et c'est celui que j'ai choisi.
Ce que je vois depuis Abidjan
Aujourd'hui je travaille comme AI Analyst à Abidjan, sur des projets d'ingénierie en intelligence artificielle. Et de là où je suis, je vois deux choses en même temps.
D'un côté, la demande en compétences IA explose. Les entreprises cherchent, et ne trouvent pas.
De l'autre, je croise sans arrêt des gens qui veulent apprendre. Des étudiants, des entrepreneurs, des personnes en reconversion. Ils sont curieux, ils sont capables, et ils s'arrêtent devant deux murs : le prix des formations sérieuses, et le fait que presque tout le contenu de qualité soit en anglais.
Ce sont exactement les deux murs devant lesquels je me suis trouvé, au Ghana puis au Japon. Sauf que moi, j'ai eu la chance d'avoir un billet d'avion.
Pourquoi ces formations existent
Je ne fais pas ça parce que l'IA est à la mode. Je le fais parce que je connais très précisément la sensation d'être devant une porte fermée — et parce que j'ai passé assez de temps du mauvais côté de l'explication pour savoir à quoi ressemble une bonne.
Alors mes formations suivent trois règles, et elles ne changeront pas :
En français. Pas de traduction approximative, pas de « regardez la vidéo anglaise si vous voulez comprendre ». En français, entièrement.
Sans jargon. Chaque notion difficile passe par une image que vous possédez déjà. Un cycle de développement logiciel, c'est la construction d'une maison. Une architecture, ce sont des fondations. Quand vous aurez compris avec vos mots, on mettra les termes techniques dessus — et pas l'inverse.
À un prix qui ne ferme pas la porte. Une formation qui coûte un salaire ne sert pas ceux qui en ont le plus besoin.
Ce que je ne vous promettrai jamais
Je ne vous promettrai pas un emploi. Ni des revenus. Ni de devenir ingénieur en six semaines.
Beaucoup de formations le font, et c'est précisément pour ça que les gens ont fini par se méfier. Je préfère vous dire exactement ce que vous obtiendrez, et le tenir.
Ce que je promets, c'est ceci : si vous faites le travail, vous repartirez avec une vraie application que vous aurez construite vous-même, et une méthode que vous saurez refaire. Et si à un moment vous ne comprenez pas quelque chose, vous me le direz — et je réexpliquerai autrement, aussi souvent qu'il le faudra.
C'est mon métier de me faire comprendre. Pas le vôtre de deviner.
Où ça va
À terme, j'aimerais construire GakuTech — 学 signifie « apprendre » en japonais — une école en ligne où des professionnels et des chercheurs en IA basés au Japon enseigneraient la data science et l'ingénierie IA ici, à un tarif accessible.
Cette école n'existe pas encore, et je ne vous en promets ni la date ni le contenu. Ce serait malhonnête. Mais les premières personnes qui suivent mes formations aujourd'hui sont la communauté à partir de laquelle elle se construira.
Si vous êtes là, vous en faites partie.
Samuel ABENA
Abidjan, Côte d'Ivoire